Communiqué de presse : Le scrutin binomial pour les départements : une réforme courageuse et efficace

20130218 interv NA scrutin binominal

 

« La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. » Le message de l’article 1 de notre constitution est on ne peut plus clair, mais la réalité politique résiste opiniâtrement à ce que la parité s’installe dans toutes nos assemblées d’élus et en particulier dans nos conseils généraux (13% de femmes seulement).

L’introduction par le gouvernement du scrutin binominal -un homme et une femme élus sur un même canton- est une réforme courageuse qui aura pour conséquence de renouveler en profondeur les assemblées départementales.

C’est une réforme efficace aussi puisqu’elle permettra enfin de faire respecter, mathématiquement, l’égalité entre femmes et hommes dans ces assemblées, et ce dès 2015.

A celles et ceux qui affirment que deux élus ne pourront cohabiter sur une même circonscription d’élection, nous répondons que les Sénateurs ont pourtant l’air de s’accommoder d’une telle configuration. L’analyse du fonctionnement des départements montre par ailleurs que beaucoup d’instances concernent déjà plusieurs cantons et que personne ne prend ombrage d’un pilotage collectif. Faisons confiance aux élus.

Il est d’ailleurs intéressant de voir que ces critiques émanent de ceux qui  étaient les ardents promoteurs du conseiller territorial, sensé siéger en même temps au département et à la région, et qui en terme de complexité et d’absence de lisibilité était d’une toute autre nature.

A celles et ceux qui affirment que cette égalité quantitative ne donnera pas lieu à une répartition égale du pouvoir entre femmes et hommes, nous répondons qu’il n’y a aucune raison pour que les femmes ne soient pas les égales des hommes dans le cadre de leur mandat.

Enfin, à celles et ceux – et surtout ceux – qui affirment que la volonté de mettre en place des assemblées départementales paritaires relève  « du gadget, pour ne pas dire davantage » et que bon nombre de femmes élues risquent de « se retrouver en situation de potiches », nous répondons que ces assemblées, composées pour moitié de femmes, n’en fonctionneront pas plus mal, que nos institutions ne seront pas en péril, et qu’ils sont bien la preuve que les mœurs évoluent lentement et que le rééquilibrage ne se fera jamais de lui-même.

Cessons de feindre que le combat de l’égalité en politique est gagné. En 2012, l’UMP a préféré s’acquitter de pénalités financières conséquentes plutôt que de présenter davantage de candidates aux élections législatives.

La décentralisation est affaire d’optimisation de la gestion publique mais aussi d’approfondissement démocratique. Ce texte porteur d’innovations est une première étape   que viendra compléter l’acte 3 de la décentralisation et qui sera très vite suivie, nous l’espérons sincèrement, par de nouvelles dispositions indispensables en matière de droit de vote des étrangers aux élections locales comme en matière de limitation du cumul des mandats.