Projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République

2012_refondonslecole_newbanniere_300x200_220509

LA RÉFORME PROGRESSIVE

La réussite éducative fait partie intégrante de la priorité à la jeunesse fixée par le programme présidentiel de François Hollande. Le constat est inquiétant : l’école est en mauvais état. 10 ans de paupérisation, de dénigrement et de réformes brouillonnes ont fait plonger ses résultats et découragé ses professeurs. Mais c’est aussi plus profondément l’héritage des fractures qui ont miné la société française et contaminé l’école. L’échec scolaire renvoie bien souvent aux questions du chômage, des inégalités, de l’incivisme ou de la déstructuration familiale.

La force de la loi de refondation présentée par le Gouvernement est de sortir du tout ou rien. Elle s’attelle à répondre de manière concrète et pragmatique à chacune des difficultés que rencontre notre système éducatif. Lui rendre ses moyens, s’attaquer aux racines de l’échec scolaire en concentrant les efforts sur le primaire, réorganiser les savoirs. C’est un véritable retour aux sources : éduquer, former la jeunesse, la doter du bagage indispensable à la maîtrise de son avenir.

LE RETOUR AUX FONDAMENTAUX DE L’ÉCOLE RÉPUBLICAINE

La sanctuarisation des moyens financiers et humains


Finie l’éducation au rabais. Comme tous les grands pays qui réussissent en consacrant des investissements importants à leurs systèmes éducatifs, la loi programme un effort de remise à niveau des moyens sur le quinquennat. Le budget de l’Education nationale sera exempté des efforts d’économies demandés aux autres administrations avec un budget en progression continu.

Le respect des professeurs


Les enseignants retrouvent la considération de l’Etat. 54 000 nouveaux postes sont crées auxquels s’ajoutent 6000 emplois d’avenir professeur destinés à susciter la vocation chez les étudiants les moins favorisés. L’augmentation très forte des candidatures au concours de recrutement est un premier succès de cette réhabilitation du rôle des professeurs.

Leur formation est rétablie après que la précédente majorité a fait de la France le seul pays qui ne forme plus ses formateurs. A la rentrée 2013, les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), créées par la loi, mettront fin à cette carence.

La priorité à l’école primaire


Forte d’une logique préventive, cette réforme s’attaque aux racines de l’échec scolaire en concentrant les efforts nécessaires sur l’école maternelle et élémentaire car elles dispensent les bases qui déterminent bien souvent la réussite ou l’échec de l’élève.

Le rôle de la maternelle est redéfini pour s’attaquer dès le plus jeune âge aux difficultés scolaires ;
les enfants pourront être scolarisés à partir de 2 ans afin de pouvoir détecter et traiter le plus précoce- ment les difficultés qu’ils peuvent rencontrer.

7000 postes supplémentaires sont affectés au service du dispositif « plus de maîtres que de classes ». Ces enseignants « surnuméraires » seront affectés au soutien des élèves en difficulté et permettront de développer le travail en petits groupes pour des pratiques pédagogiques plus efficientes.

Un effort particulier est consacré aux zones d’éducation prioritaire où le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans a chuté de 34 % à 11 % en dix ans.

Les dispositifs de soutien scolaire sont pourvus de moyens importants pour être généralisés à toutes les écoles et décharger les familles d’une dépense coûteuse et inégalitaire.

La priorité au primaire c’est aussi une nouvelle méthode d’évaluation qui privilégie le mérite plutôt que la sanction : c’est la limitation des redoublements et c’est le droit pour les établissements d’expérimenter des pédagogies adaptées à la réalité sociale de leurs élèves.

L’apprentissage d’une langue étrangère commencera dès le cours préparatoire afin que tous les élèves puissent disposer d’un bagage désormais indispensable pour l’entrée dans la vie active.

A côté de cette loi, la réforme des rythmes scolaires va mettre fin aux aberrations actuelles qui imposent aux élèves un volume d’heures excessif sur des périodes trop restreintes. Entre 2013 et 2014, les écoles passeront à la semaine de 4,5 jours. C’est une mesure de bon sens pour l’intérêt de l’enfant

La loi entérine la dotation de l’Etat pour aider les communes à supporter la charge financière de la création d’activités périscolaires qui accompagnent la réforme des rythmes.

LA RÉORGANISATION DES SAVOIRS

Le service public de l’enseignement numérique

Sa mission est de permettre à tous les élèves de s’approprier et de maîtriser cette révolution techno- logique qui bouscule l’apprentissage traditionnel des savoirs. En appui des professeurs, il encouragera, entre autres, l’apprentissage du travail en autonomie ou la scolarisation des élèves handicapés.

L’égalité des filières


Les filières professionnelles ne seront plus des orientations « à défaut » mais de véritables projets éducatifs valorisés par le principe de « l’orientation choisie ». On réaffirme aussi le principe du collège unique pour donner à chaque collégien le même socle de connaissances, de compétences et de culture le plus longtemps possible où qu’il soit scolarisé.

La réorganisation des cycles


La création de ponts entre les cycles d’enseignement vise à atténuer les ruptures dans le parcours scolaire. La nouvelle architecture réunit la communauté éducative dans un conseil « école-collège » qui facilitera la transition souvent difficile entre primaire/collège et lycée/université via des projets pédagogiques communs entre les établissements d’un même secteur.

L’autonomie des établissements


La refonte des programmes s’accompagne d’un droit à l’expérimentation et à l’innovation.
Les établissements qui le souhaitent sont encouragés à expérimenter des méthodes d’enseignement différenciées afin de s’adapter à la réalité de leurs élèves.

L’enseignement moral et civique


L’école républicaine doit relever le défi du communautarisme et de l’incivisme en renforçant
sa mission de formation à la citoyenneté et à la responsabilité. La morale laïque fait son retour dans les programmes et sera enseignée du primaire au lycée. Son ambition est de transmettre à chaque jeune les fondamentaux qui structurent notre vivre ensemble dans la République.