Le Télégramme – Métropoles : Brest revient dans le jeu

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Le Télégramme – 4 juillet 2013

Métropoles : Brest revient dans le jeu

La partie de yo-yo se poursuit ! Ecartée par les sénateurs du futur statut de métropole, Brest revient dans le jeu grâce aux députés. La commission des lois est favorable à son entrée dans le cercle…

Le Sénat et la Chambre des députés ne sont décidément pas tout à fait sur la même longueur d’ondes. À de nombreuses occasions, ces derniers mois, les deux chambres ont pris des options différentes sur des sujets d’actualité. Le statut de métropole revendiqué par Brest en donne, à son tour, une nouvelle illustration.

Le rejet du Sénat

Sur cette question, les sénateurs sont restés inflexibles.
Malgré de nombreux soutiens en faveur de Brest, dont celui
du maire de Rennes, Daniel Delaveau, la Haute chambre a
entériné l’option défendue par Marylise Lebranchu, ministre
de la Fonction publique et de la Décentralisation, de limiter
les métropoles à des agglomérations de plus de 400.000
habitants, ce qui qualifie Rennes de justesse mais écarte
Brest. Les sénateurs ont estimé que ce nouveau statut doit être limité à de grandes agglomérations, nonobstant la situation très particulière de Brest qui joue un véritable rôle de métropole à la pointe bretonne en raison de sa géographie très particulière.

Le critère zone d’emplois

Après le Sénat, c’est cette fois l’Assemblée nationale qui est saisie du projet de loi. Et sur la question, les avis sont diamétralement opposés. Il est vrai que l’option « métropole » pour Brest est défendue par tous les députés du Finistère et par la quasi-totalité des députés PS des cinq départements bretons. Lundi soir, devant la commission des lois de l’Assemblée, c’est la députée rennaise Nathalie Appéré qui défendait le dossier brestois en proposant un changement de critère d’attribution. Il ne s’agit plus de retenir le seuil de population de 400.000 habitants mais « la zone d’emplois » de 400.000 habitants… Une distinction qui fait entrer Brest dans le cercle et qui n’a soulevé aucune opposition. L’amendement a été adopté par cette commission présidée par le Quimpérois Jean-Jacques Urvoas. Le terrain était donc on ne peut plus favorable et il faut maintenant attendre pour savoir si en séance plénière de l’Assemblée, ce choix sera entériné, le 16 juillet prochain. Ce serait une option pour une décision définitive car le dernier mot revient toujours à l’Assemblée quand il y a désaccord avec le Sénat. Sauf si le gouvernement revient à la charge…

« Un rôle moteur »

Hier, tous les députés finistériens se réjouissaient de cette avancée même si elle ne marque pas encore une étape définitive. Ils considèrent que ce statut peut donner un tel rôle moteur à Brest que la pointe bretonne ne peut rester à l’écart du mouvement. Le maire, François Cuillandre, ne cachait pas sa satisfaction devant la mobilisation des élus bretons et le soutien de députés d’autres régions. « Nous avons marqué des points, indiquait-il, Il faut maintenant que cette mobilisation se manifeste également en séance plénière pour faire aboutir notre démarche ». Du côté de la droite brestoise, Laurent Prunier, candidat à l’investiture UMP pour les municipales, se félicitait, lui aussi, hier, de l’adoption de cet amendement par la commission des lois.

René Perez