La réforme de l’éducation prioritaire

20140116 education prioritaireLe Président de la République a pris des engagements devant la Nation pour une école plus efficace et plus juste. Ces engagements ont été traduits dans la loi d’orientation pour la refondation de l’école du 8 juillet 2013, à travers notamment l’objectif de réduction à moins de 10 % des écarts de maîtrise des compétences entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres.

La refonte de la politique de l’éducation prioritaire présentée par Vincent Peillon et Georges Pau-Langevin permettra d’atteindre cet objectif dont l’importance a été confirmée par les acteurs du terrain pendant les Assises de l’éducation prioritaire tenues dans les académies à l’automne 2013.

[box title= »VERBATIM »]« La France est devenue le pays le plus inégalitaire du point de vue scolaire, cela appelait un sursaut. » (V. Peillon, 16/01/14)[/box]

La refondation de l’éducation prioritaire « porte sur les méthodes pédagogiques, la qualité de l’accueil des équipes et de l’accompagnement. C’est un plan global ; il doit permettre une réussite collective. C’est l’avenir de la France qui se joue. »

La réforme de l’éducation prioritaire vise à affecter les moyens de l’Education Nationale de manière vraiment prioritaire dans ces secteurs : « Nous mettrons l’argent public là où il est le plus efficace » (V. Peillon, 16/01/14), car « on fait croire à ceux qui sont dans les ZEP qu’on leur donne davantage », mais d’après la Cour des comptes, on dépensait en 2011 50% d’argent public en plus « pour un élève du centre parisien que pour un élève de Créteil », l’académie la plus en difficulté. « Tout cela est programmé dans la loi sur l’école jusqu’en 2017 et ne demande pas de dépense supplémentaire ».

Préfigurée sur une centaine de réseaux dès la prochaine année scolaire, la réforme de l’éducation prioritaire sera déployée à compter de la rentrée 2015 autour de trois axes, sur un millier de réseaux dont 350 regrouperont les situations les plus difficiles.

[box title= »EN CHIFFRES »]

20% des collégiens en ZEP, 18% des écoliers ;
Plus de 30% : écart de performance scolaire entre les élèves ZEP et hors ZEP

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1. Le volet pédagogique

Le volet pédagogique aidera les enseignants à travailler autrement et à accompagner tous leurs élèves en faisant de l’éducation prioritaire le lieu privilégié de l’innovation pédagogique :

  • A la maternelle, la scolarisation des enfants de moins de trois ans sera assurée dans chaque réseau d’éducation prioritaire avec pour objectif un taux de scolarisation de 30% d’ici la fin du quinquennat. Elle a en effet été identifiée comme un puissant levier de la réussite des élèves, notamment de ceux issus des milieux les moins favorisés.
  • A l’école élémentaire, le dispositif « plus de maîtres que de classes » sera étendu progressivement au cours du quinquennat dans chacune des 7000 écoles de l’éducation prioritaire. Chaque école en éducation prioritaire bénéficiera ainsi d’un poste « plus de maîtres que de classes » : ce dispositif, qui repose sur l’affectation dans une école d’un maître supplémentaire, permet de mettre en place de nouvelles organisations pédagogiques au sein de la classe, de favoriser le travail collectif des enseignants, et contribue à bien identifier les besoins des élèves ainsi qu’à les accompagner dans leurs apprentissages fondamentaux par des pédagogies différenciées.
  • Dans tous les collèges de l’éducation prioritaire, les élèves de 6ème seront pris en charge de façon continue jusqu’à 16h30 grâce à des recrutements d’assistants d’éducation permettant de leur proposer des activités pédagogiques et éducatives (soutien scolaire, aide aux devoirs…) en petits groupes lorsqu’ils n’ont pas cours.
  • Le dispositif D’Col sera étendu dans tous les collèges de l’éducation prioritaire. Depuis la rentrée 2013, il propose aux élèves de 6e en difficulté un dispositif numérique innovant d’aide individualisée, de soutien et d’accompagnement en français, en mathématiques et en anglais. Un enseignant référent prend en charge et encadre les élèves deux heures par semaine autour d’activités pédagogiques numériques.
  • L’ambition et la curiosité des élèves sera développée pour les aider à construire leur parcours. La loi pour la refondation de l’École a créé le parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel, qui vise à faire découvrir à l’ensemble des élèves du collège les métiers, les formations qui y mènent et les structures économiques dans lesquelles ils s’exercent. Plusieurs dispositifs interministériels permettent également d’accroître l’ambition scolaire des jeunes issus de milieux modestes en levant les obstacles psychologiques et culturels qui peuvent freiner leur accès aux formations de l’enseignement supérieur. Des conventions pourront être signées avec des entreprises ou des associations pour l’accueil d’élèves de l’éducation prioritaire en stage de fin de 3e.
  • Enfin, des internats de proximité seront développés, dans le cadre du programme des Investissements d’avenir et en collaboration avec les collectivités locales, pour permettre aux jeunes issus de milieux modestes d’avoir des conditions d’hébergement et d’études adaptées pour réussir.

2. Le volet ressources humaines

Le volet « ressources humaines » viendra soutenir et stabiliser les équipes éducatives. Afin d’encourager cette stabilité, dans l’ensemble de l’éducation prioritaire :

  • Les indemnités d’exercice spécifiques seront substantiellement revalorisées jusqu’à être doublées dans les écoles et les collèges les plus difficiles. Dans l’ensemble des réseaux, les personnels prenant en charge des missions d’intérêt collectif toucheront également une indemnité supplémentaire ;
  • Les enseignants des 350 réseaux les plus difficiles bénéficieront par ailleurs de temps pour travailler autrement : se former, travailler en équipe et développer les relations avec l’élève et sa famille ;
  • Un grand plan de formation continue, associé à un renforcement de l’accompagnement des nouveaux personnels et des équipes, contribuera à enraciner une véritable culture du collectif. Ainsi seront institués : 3 jours de formation annuels garantis dans les réseaux les plus difficiles, des experts de terrain pour accompagner les équipes, un tutorat pour les nouveaux enseignants ;
  • Un parcours en éducation prioritaire qui sera valorisé dans la carrière. Les personnels ayant effectué une partie significative de leur carrière en éducation prioritaire bénéficieront d’un avancement facilité, tant vers la hors-classe que pour le « grade à accès fonctionnel »(GRAF) en cours de définition.

[box title= »EN CHIFFRES »]1156 € : indemnité annuelle versée actuellement à tous les enseignants de l’éducation prioritaire
+50% pour tous à partir de 2015 ;

+100% pour ceux qui exercent dans les zones les plus difficiles.

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3. Le volet environnement scolaire

Le volet « environnement scolaire » assurera le développement d’un cadre propice aux apprentissages :

  • Les réseaux établiront des projets pérennes sur la base des meilleures pratiques recensées dans un référentiel et, appuyés par les équipes académiques, ils se verront garantir dans la durée (soit pendant 4 ans) les moyens pour les mettre en œuvre ;
  • Un financement académique spécifique permettra de financer les actions pédagogiques les plus innovantes et l’animation des réseaux ;
  • Les dispositifs facilitant l’association des parents à la vie de l’école seront également encouragés. La mobilisation et l’implication de tous les parents dans l’école, la qualité des relations entre l’institution scolaire et les parents sont des facteurs déterminants du climat scolaire et de la réussite des élèves. L’aménagement d’un « lieu d’accueil des parents », l’ouverture de l’école aux parents sur une base régulière – accueil le matin, notamment – doivent y contribuer.
  • La sécurité sera recherchée par le doublement du nombre d’assistants de prévention et de sécurité dans les collèges (500 supplémentaires). Les personnels seront sensibilisés au repérage de la souffrance des élèves et formés à la prévention et la gestion des tensions, des conflits et des violences. Les relations avec les partenaires (éducateurs, personnels sociaux, police et justice, collectivités territoriales, etc.) seront développées pour favoriser la sûreté des écoles et établissements.
  • Les réseaux les plus difficiles seront enfin dotés d’une infirmière supplémentaire, afin que les besoins des écoles soient mieux pris en compte. Et tous les réseaux les plus difficiles seront également dotés d’un(e) assistant(e) social(e).

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Etablie en cohérence avec les dispositifs de la politique de la ville et ceux en faveur des territoires fragiles, cette mobilisation pour la refondation de la politique d’éducation prioritaire devra associer tous les ministères concernés, ainsi que les collectivités territoriales. Conformément à l’engagement du Président de la République, les moyens de l’éducation nationale seront ainsi attribués selon une logique de progressivité et de justice.