Déplacements à Périers et Vire

Pour mon premier déplacement en qualité de Présidente de l’Anah, je me suis rendue à Périers et Vire, deux villes de Basse-Normandie. Cette région mène une action exemplaire sur le parc privé, dont les spécificités sont celles des villes reconstruites après guerre et des centres-bourgs en perdition.

Le parc de logements privés en Basse-Normandie est relativement récent avec moins d’un tiers des logements datant d’avant 1949 lorsqu’ils représentent 45 à 50% au niveau national. Ce caractère récent du parc résulte de circonstances historiques relatives aux destructions massives de la 2nde guerre mondiale.
Les problématiques rencontrées sont relatives au vieillissement de la population avec de forts enjeux d’adaptation des logements à la perte d’autonomie et à la précarité énergétique de la population, les enjeux d’habitat indigne apparaissant moins prégnant (2 % de Parc Privé Potentiellement Indigne).

Ces enjeux amènent la Région Basse-Normandie et l’Anah a déployer une intervention commune sur 3 champs : le PREH (Plan de rénovation énergétique de l’Habitat), l’habitat privé de la période de la reconstruction (1945-1965) et le programme national « centres bourgs ».

Signature de la convention « villes reconstruites »

Cette convention est un engagement sur cinq ans qui organise la participation de chaque partenaire dans le projet de requalification urbaine et de transition énergétique des villes reconstruites.

Il s’agit également de mettre en réseau ces villes, de créer un « club des villes reconstruites » et de développer des liens avec l’université ainsi que des coopérations internationales.

Les signataires de cette convention sont : l’État, l’Anah, l’Ademe, la région Basse-Normandie, la Caisse des dépôts et consignations, l’Association régionale pour l’habitat social, l’Établissement public foncier de Normandie, la Maison de l’Architecture de Basse Normandie et l’Université de Caen-Normandie.

Cette convention constitue également un socle au programme « centres bourgs » qui croise la problématique des centres villes reconstruits en Basse Normandie. La visite de Périers, lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt « centres-bourgs », en est la parfaite illustration. On y retrouve des enjeux similaires : une démographie en recul, un vieillissement de la population, un bâti de la reconstruction délaissé et en mauvais état.

Visite à Périers : la revitalisation des centres-bourgs

À l’été 2014, le gouvernement a lancé un programme expérimental pour la revitalisation des centres-bourgs qui vise à : 

  • dynamiser l’économie des bassins de vie ruraux et périurbains en développant des activités productives et résidentielles ;
  • améliorer le cadre de vie des populations, en offrant notamment des logements de qualité et un meilleur accès aux services de proximité ;
  • accompagner la transition écologique des territoires et limiter l’artificialisation des sols liée à l’étalement urbain.

Le projet est ambitieux : rénover 50% du parc privé de la reconstruction en huit ans, sensibiliser des propriétaires et engager des formations à l’auto-réhabilitation. La commune de Périers et la communauté de communes de Sèvres-Taute ont été désignées, en décembre 2014, comme lauréates de l’appel à manifestation d’intérêt. Afin de mieux appréhender les enjeux propres au parc bâti de la Reconstruction, très présent à Périers, et d’examiner la mise en œuvre de cet AMI, je me suis rendue à Périers avec Blanche Guillemot, directrice générale de l’ANAH.