Une famille au RSA gagne-t-elle plus qu’une famille salariée ?

Les idées reçues véhiculées à propos du RSA prédisent qu’un couple au RSA, ne travaillant pas, bénéficierait d’un revenu disponible plus élevé qu’un couple d’actifs, en cumulant les différents minima sociaux.

Il serait donc plus intéressant de rester sans activité que de travailler au SMIC. Ce postulat erroné oublie un certain nombre de faits :

  • Le RSA prend en compte les allocations familiales et logement et ne s’y ajoute pas
  • Le RSA-activité est également accessible aux actifs pour compléter leurs revenus
  • Une famille de salariés est en droit de demander la CMU-C si elle se trouve en dessous du plafond de 19 835 euros pour un foyer de 5 personnes (tous les revenus n’étant pas pris en compte).
  • Une famille qui touche un SMIC plus le RSA-activité peut être exonérée des impôts locaux et de la redevance télévision si elle se situe en dessous du plafond de revenus.
  • Les tarifs sociaux pour l’énergie sont calés sur l’éligibilité à la CMU-C. Une famille de salariés peut donc en bénéficier.

Il est ainsi possible de bénéficier du RSA-activité en plus de son salaire, y compris quand on travaille à plein temps.

La prime d’activité

Le projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi prévoit la création de la prime d’activité, qui se substituera à partir du 1er janvier 2016 à la prime pour l’emploi et au RSA-activité.

Cette prime permettra de soutenir l’activité et le pouvoir d’achat des travailleurs, qui ont des emplois faiblement rémunérés ou précaires. Il s’agit d’« inciter à la reprise d’activité » et « que le travail soit valorisé » (PR, 19/04/15).

  • Elle se déclenchera dès le premier euro de revenu d’activité et concernera tous les travailleurs de plus de 18 ans.
  • Elle permettra notamment une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs rémunérés autour du SMIC. Son montant dépendra des revenus d’activité des bénéficiaires, et le bonus sera particulièrement important pour les travailleurs percevant entre 0,8 et 1,2 Smic.
  • Elle sera ouverte à tous les salariés de 18 à 25 ans, et « sera élargie, par voie d’amendement gouvernemental […], à certains apprentis et aux étudiants qui exerce une activité salarié importante. Si nous retenions un seuil d’éligibilité à 0,8 SMIC, soit environ 900 €, cela permettrait à 200 000 jeunes supplémentaires de bénéficier de la prime ». (M. Touraine, 22/04/15).

Sources : Rue 89 – Communiqué du gouvernement