Vœux aux acteurs de la culture, de l’éducation et du monde associatif

Merci aux acteurs de la culture, de l’éducation et du monde associatif qui sont venus nombreux aux voeux d’hier, à l’Hôtel de Ville.

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Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues,
Mesdames et messieurs les présidents, les responsables, les directeurs et les directrices
Mesdames et Messieurs les bénévoles,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je voudrais tout d’abord vous exprimer le plaisir que je ressens, que nous ressentons tous ce soir dans notre équipe municipale, à vous recevoir pour cette cérémonie de vœux.

Je dois vous avouer que ce moment a pour moi une valeur particulière. Cela n’étonnera pas ceux qui savent l’importance dans mon parcours, de l’éducation, de la vie associative, de la solidarité.

Ce sont les fondamentaux de notre ville, ses piliers.

Rennes c’est, en effet, plus qu’un territoire. C’est une certaine idée de la ville.

Il y a un esprit rennais qui s’enracine dans le second procès Dreyfus, qui retentit dans les réflexions de Paul Ricœur, qui irrigue aussi les mouvements sociaux, spirituels de notre ville.

Il est « l’honneur de notre ville », pour reprendre le titre du livre d’André Hélard et de Colette Cosnier. Et vous me permettrez d’avoir une pensée pour cette voix du féminisme, qui vient de s’éteindre.

Cet esprit rennais, c’est un humanisme.
La capacité de voir « l’autre comme soi-même ».
La conviction que chacun, chacune est dépositaire d’une valeur irréductible.
La volonté enfin, de construire une société de tolérance, de brassage, de respect.

C’est ce à quoi nous nous attachons, vous vous attachez, au quotidien.

Alors, ce soir, je veux adresser, à chacune et à chacun d’entre vous, des vœux d’épanouissement, des vœux de réussite, pour vous et vos projets, des vœux de succès aussi, pour vos institutions et vos associations.

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Je nous souhaite le meilleur pour 2016, parce que je n’oublie pas que le pire avait empêché que cette cérémonie se tienne l’année dernière.

Chacun a en mémoire les attentats qui ont durement frappé la France en 2015.
Ici à Rennes, comme partout en France, nous avons su trouver, ensemble, la force d’un sursaut.

Nous nous souviendrons, je me souviendrais de cette foule immense, sur la place de la mairie, le soir du 7 janvier ; et de ce dimanche où 125 000 personnes défilèrent dans les rues de Rennes.

Il y avait le deuil et la tristesse, mais il y avait aussi, la dignité, la fierté de faire bloc, comme nous l’avons fait de nouveau, et peut-être davantage encore, au mois de novembre.

Un an après, nous ne devons pas cesser de dire « nous sommes tous Rennais, nous sommes tous Français ».

Un an après, nous devons continuer à interroger notre société, à porter un regard critique sur elle. Pourquoi de jeunes Français se bricolent-ils des imaginaires de fortune, à base de complotisme, de ressentiment, de violence ?

Poser cette question, ce n’est pas excuser l’inexcusable. C’est tâcher de comprendre les ruptures dans les parcours. De prévenir aussi les désaffiliations qui sont comme une négation des promesses que fait la République à ses enfants.

Nous poursuivons les chantiers de janvier pour ressouder le pacte républicain, par l’emploi, l’éducation, la culture, la lutte contre les discriminations, la laïcité. Mais en 2016, je souhaite que nous allions plus loin, avec vous, en 2016.

Faire de la politique, c’est refuser la fatalité, c’est faire preuve de volontarisme. En 2016, nos valeurs fondatrices devront s’incarner, se vivre et non pas seulement se déclamer, au risque de sonner creux.

Nous voulons, pour cela, redonner du sens à la citoyenneté d’abord, à la fraternité ensuite – j’en dirai un mot tout à l’heure. Nous voulons aussi nous fixer une priorité : la jeunesse.

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La citoyenneté, c’est le socle de tous nos principes. Mais elle vacille sous le poids de l’abstention et du vote extrême. Élection après élection, on ne peut plus aujourd’hui faire comme si de rien n’était.

Nous devons accepter d’évoluer dans un monde,
où les hommes et les femmes politiques n’ont plus le monopole de l’action politique,
où le pouvoir est moins sanctuarisé, moins hiérarchique,
où un projet ne peut plus simplement être accepté parce qu’il a été décrété mais parce qu’il a été débattu.

Cette transition, nous l’avons appelée, à Rennes, la Fabrique citoyenne.

Quand nous l’avons lancée, tout de suite après les élections municipales, nous avons entendu des doutes, des interrogations parfois. On nous demandait même si ce n’était pas un slogan pour gagner du temps.

C’est au contraire un risque que nous avons pris, avec nos collègues et je pense en particulier à Jean-Marie Goater et Didier le Bougeant. La reconquête d’une légitimité démocratique demandera, nous le savons, du temps et des efforts.

Mais nous sentons une véritable attente.
Plus de 2 000 personnes ont participé aux États Généraux de la Culture.
Plus de 1 000 projets ont été déposés pour le budget participatif.

En 2016, nous voulons donner à cet élan citoyen davantage d’ampleur encore.

Il y aura le vote par les Rennais du budget participatif, en février-mars.

Il y aura aussi l’installation du Conseil citoyen, au printemps, pour entendre la parole de nos quartiers prioritaires.

Il y aura enfin une grande concertation que Sébastien Sémeril conduira, pour imaginer le visage de Rennes, en 2030. Nous voulons évoluer vers un urbanisme moins minéral, plus végétal, peut-être moins sévère, plus ludique.

À chaque étape, prenez votre place, proposez vos projets, discutez nos choix.
Je le dis en particulier aux associations qui sont, en quelques sortes, des petites fabriques citoyennes dans la grande.

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On dit que le monde associatif est parfois en crise d’engagement, de financement. Mais nous pouvons voir aussi foisonner des initiatives.

Notre responsabilité, c’est de mieux accompagner.
Nous renouvellerons les conventions des équipements de quartier. Nous voulons coller, avec Tristan Lahais et les élus de quartier, au plus près des enjeux de chaque territoire.

Nous préparons aussi – c’est attendu – la création d’un guichet unique. Ce portail de la vie associative ouvrira au début 2017. Il instaurera encore plus de transparence, plus de lisibilité, plus de rapidité dans nos réactions.

Puisque nous l’évoquons, un mot des subventions. Chaque année, à Rennes, c’est une enveloppe de 36 millions d’euros. Beaucoup de villes, dans le contexte de la baisse des dotations de l’État, ont décidé d’un coup de rabot.

Nous, nous avons fait le choix inverse. Il peut y avoir des baisses ici, des augmentations là, mais nous avons préservé l’enveloppe globale. Parce que dans le moment, les associations sont le filet de sécurité de notre cohésion.

Vous me permettrez juste une incise, une précision. J’ai entendu les inquiétudes sur la refacturation du montant des charges pour les associations qui sont hébergées dans des locaux municipaux. Je le redis clairement : elle sera intégralement compensée.

Notre engagement associatif s’incarnera aussi dans de nouveaux lieux. Après la nouvelle Maison des Associations que nous avons inaugurée en avril dernier, nous poserons, à la fin de l’année, la première pierre du nouvel Antipode, à la Courrouze. Nous finaliserons aussi le projet d’équipement de quartier Centre-Nord, rue Saint-Louis. Il ouvrira – enfin – en 2018.

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Redonner du souffle à nos valeurs, je le disais tout à l’heure, c’est aussi retrouver le sens de la fraternité.

J’entends des intellectuels qui nous appellent à un « moment fraternité ».
La fraternité n’est pas condamnée aux bons sentiments ou à rester comme suspendue sur le fronton de nos mairies.

Elle peut être, au contraire, un antidote, une cause commune qui entraîne, qui fédère, contre les logiques identitaires, contre les poussées communautaires, contre ces forces centrifuges qui minent notre rapport à l’autre.

Il y a deux semaines, j’ai participé une nouvelle fois à la maraude du Samu social avec les bénévoles de la Croix-Rouge. Nous savons, à Rennes ce que la solidarité, cher Frédéric Bourcier, ce que la santé, chère Charlotte Marchandise-Franquet, doivent aux associations.

La fraternité, nous la donnerons à voir, en 2016, avec aussi une nouvelle formule de « Rennes au pluriel ». Nous redirons, avec Fernand Braudel qu’il n’y a pas « de civilisation française sans accession des étrangers ». La France a toujours été cousue de couleurs, d’histoires, de cultures différentes, nourrie par les talents venus du monde entier.

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La culture est, bien sûr, inséparable de la fraternité.

C’est la culture, cher Benoit Careil, qui nous relie les uns aux autres.
C’est aussi la culture qui, de Tombouctou au Bataclan, a été la cible du totalitarisme, parce qu’elle donne un visage à notre humanité.

Les artistes nous éclairent.
Parfois même ils nous bousculent parce qu’ils refusent de se conformer aux conventions.

Vous en avez eu une forme d’aperçu avec les cartes de vœux signés des frères Bouroullec. Leur rétrospective donnera à voir, dans la France entière, comment la Bretagne défriche, comment Rennes ouvre de nouveaux chemins.

Résister aujourd’hui, c’est donner une place plus grande encore à la culture. Avec les États Généraux, nous avons, devant nous, plus de 100 idées, 100 projets, 100 belles mesures à mettre en œuvre pour faire vivre la culture à Rennes.

S’il fallait en retenir, ce soir, seulement deux, deux symboles, je parlerais bien sûr de la Saison des Dimanches. En mars, nous lèverons le voile sur les premiers rendez-vous.

Ce sera un nouveau rythme, une nouvelle inscription de la culture aussi dans l’espace public. Avec le désir de faire autrement, ensemble, ce jour-là. Parce que le dimanche, il y a beaucoup d’autres choses à vivre que consommer.

Je parlerais aussi des résidences d’artiste. J’ai à l’esprit celle, magnifique, qui nous a tant émus, d’Yvon le Men, à Maurepas.

Nous voulons que chaque école, une année sur deux, accueille désormais un artiste parce qu’il n’est pas d’éducation sans éducation artistique.

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Il n’est pas, non plus, de fraternité sans sport.

Nous en avons eu un bel exemple cet été, cher Yvon Léziart, avec le Tour de France. Nous vivrons cette année un moment festif exceptionnel avec les demi-finales du Top 14 de rugby.

Dans l’histoire du sport rennais, 2016 fera date.

L’équipement de l’esplanade général de Gaulle ouvrira ses portes au printemps.

Nous finaliserons aussi le projet, pour moi, emblématique du sport pour tous, qu’est le bassin extérieur à Bréquigny, à proximité, d’ailleurs, du nouveau foyer des sportifs que nous avons inauguré en fin d’année.

Cette nouvelle piscine sera celle de tous les publics, des compétiteurs, des familles, des écoles. Je nous fixe un objectif, que tous les enfants de Rennes sachent nager à la fin de leur scolarité.

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J’en viens, enfin, à la jeunesse.

La jeunesse qui a été la cible des attaques de novembre
La jeunesse qui a soif d’audace, de création, de liberté.
La jeunesse qui a marqué l’histoire de notre ville, qui veut parler et que nous devons écouter, cher Glenn Jégou.

Dans son discours à la jeunesse, Jean Jaurès l’appelait au courage.
« Le courage, c’est d’être tous ensemble (…). Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, (…) Le courage, c’est d’aimer la vie; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. »

Et si je suis, pour ma part, aujourd’hui devant vous, je n’oublie pas que ce texte a nourri mon engagement. Aujourd’hui la jeunesse a besoin qu’on lui fasse confiance, qu’on ait du courage pour elle.

Le courage pour l’école, parce que sa tâche est immense.
Elle est au carrefour de toutes les attentes, parfois contradictoires, de notre société. Elle est la caisse de résonnance de ses difficultés et de ses promesses.

C’est à l’école que l’on acquiert la faculté de penser, la soif de découvrir, le sens de la curiosité, le goût de l’effort. C’est à l’école aussi que l’on apprend les valeurs de la vie collective.

Il y a peu de villes en France qui engagent autant d’efforts pour l’éducation que Rennes, chère Lénaïc Briéro.

Dans les écoles des quartiers prioritaires, nous mettons plus de moyens, plus de soutien, aux élèves qui en ont le plus besoin. Partout, nous continuons aussi à améliorer les conditions d’études. En 2016, les groupes scolaires Guillevic, Albert de Mun et Chateaugiron-Landry verront la réalisation de travaux importants.

Une nouvelle école a ouvert ses portes à la rentrée à Beauregard. Ce fut un beau, un grand moment de 2015. Dans ce mandat, la Courrouze et le centre-ville auront aussi de nouveaux établissements.

Mais au-delà, l’école républicaine a plus que jamais besoin de la mobilisation de tous les acteurs éducatifs. C’est pourquoi, nous déclinerons avec vous, le nouveau projet éducatif local.

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Notre jeunesse, elle a envie de réussir. Nos quartiers recèlent de capacités qui ne demandent qu’à s’exprimer, de motivations fortes pour accéder à l’emploi, d’énergies formidables aussi, mais elles butent trop souvent sur des barrières parfois invisibles.

Notre responsabilité, c’est d’abord de donner l’exemple.
J’ai demandé à ce que notre administration accueille 50 jeunes en Service Civique. Les premiers ont commencé leurs missions.

Aux jeunes qui n’ont pas de réseaux, nous proposons les nôtres. C’est ce que nous avons appelé le plan emploi quartier. Près de 100 entrepreneurs sont avec nous aujourd’hui.

Je pense aussi à nos étudiants, à nos jeunes créateurs qui ne demandent pas forcément de financement, simplement de l’accompagnement.

Pour eux, nous ouvrirons de nouveaux lieux d’hospitalité, de créativité. L’Hôtel à Projets, bien sûr, à Pasteur, chère Sylvie Robert. La Cité aussi, ce lieu mythique de notre ville, ouvrira grand ses portes aux projets de la jeunesse.

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Voilà, mesdames et messieurs, chers amis, ce que je voulais partager avec vous ce soir, en toute sincérité, convaincue, avec mes collègues, que le seul langage de la politique doit être celui de la vérité.

Un dernier mot, pour vous livrer nos convictions.

Nous croyons en une ville d’égalité, entre les générations, chère Vera Briand, entre les femmes et les hommes, chère Geneviève Letourneux.

Nous croyons aussi en une ville de liberté, qui s’engage dans le monde pour la défense des droits de l’Homme.

J’ai reçu, en fin d’année – c’est un temps qui m’a beaucoup marqué – la maire de Diyarbakir. Je garderai de cette rencontre un message de courage et de dignité. Nos deux villes, chère Jocelyne Bougeard, vont encore approfondir leurs liens. Parce que dans ce moment vraiment si difficile pour notre ville amie du Kurdistan turque, nous devons inlassablement être à ses côtés.

Nous croyons enfin en une ville de solidarité. J’entends parfois les inquiétudes lorsque nous disons que Rennes s’apprête à entrer dans une nouvelle ère.

C’est vrai que la Ligne à Grande Vitesse, la nouvelle gare, la Cité internationale, le Centre des Congrès, le métro, tous ces grands projets vont effectivement nous faire changer d’échelle. Mais, aucun, aucun, ne se fera au détriment des chantiers du quotidien. Au contraire.

Dans les dix prochaines années, nous investirons 400 millions d’euros pour rénover Maurepas, le Gros-Chêne, le Blosne. Je vois Eric Berroche et Emmanuelle Rousset, les élus de ces quartiers, très attachés à ces rénovations.

Je pense à ces mots « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ».
Nous réussirons en 2016 si nous gardons en nous la belle idée de Rennes.

L’idée de toujours vivre mieux.
L’idée d’avancer toujours ensemble.
L’idée de porter des valeurs au-delà de nous-mêmes, car notre ville humaniste n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle l’est pour les autres.

Alors, à vous, qui êtes enseignant, artiste, sportif, bénévole, responsable,
à vous qui êtes des artisans inlassables de notre vivre-ensemble.
à vous qui êtes sans cesse au premier rang pour faire avancer notre ville,

Ce soir, je veux vous dire simplement merci.

Et à chacune et à chacun, excellente année 2016 !