Installation du Conseil local du patrimoine

Une instance inédite de dialogue et d’information, afin de mieux protéger et valoriser notre patrimoine rennais.

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L’installation du Conseil local du patrimoine, qui s’est tenue jeudi 16 juin, constitue une première : une instance qui n’existait pas auparavant à Rennes et une quasi première en France, car très peu de territoires disposent aujourd’hui d’un Conseil local du patrimoine.

Ce choix s’inscrit dans le Pacte culturel que nous avons signé, aux côtés du ministère de la Culture, il y a maintenant un an. Nous nous sommes engagés mutuellement, à approfondir notre partenariat, pour identifier les chantiers prioritaires et renforcer notre cohérence d’intervention.

Ce choix fort s’inscrit aussi dans la Fabrique citoyenne.
Depuis deux ans maintenant, dans chaque champ de nos politiques publiques, nous nous attachons à faire émerger un nouveau modèle, plus participatif, plus collaboratif, de démocratie locale, pour redonner du pouvoir d’agir aux acteurs citoyens.

Dans ce cadre, lors des États généraux de la culture, nous avons proposé que puisse voir le jour une Fabrique citoyenne du patrimoine, c’est-à-dire un outil d’information et de dialogue autour de toutes les questions qui concernent le patrimoine rennais, au sens large.

Nous défendons en effet une conception étendue du patrimoine, dans le prolongement de l’article 1er du code du patrimoine : un patrimoine immobilier et mobilier, publique et de propriété privée, auquel adjoindre la mémoire, les pratiques sociales et les savoir-faire.

Nous avons constaté dans le cadre de la concertation « Rennes 2030 » qu’il y a un consensus fort des Rennais en faveur d’une meilleure reconnaissance, d’une meilleure valorisation du patrimoine, mais il y a aussi des divergences sur ce qui fait ou non patrimoine et sur ce qui mérite d’être préservé.

Dans ce contexte, le Conseil local du patrimoine, en réunissant l’État, des institutions, des habitants, des associations, pourra permettre de créer du commun, pourra porter une réflexion partagée, équilibrée, pour mieux protéger et valoriser notre patrimoine.

Il ne s’agira pas ici, évidemment, de rendre un avis sur chaque projet immobilier, mais au contraire – si cette proposition rencontre l’assentiment – de revisiter le dispositif d’identification du patrimoine locale, d’élaborer une nouvelle nomenclature des bâtiments remarquables, en s’appuyant sur l’inventaire de la Région.

Pour aller plus loin, je souhaite que nous puissions favoriser plus systématiquement la prise en compte du patrimoine dans les projets immobiliers. La démarche patrimoniale ne doit pas se limiter en effet aux seuls dispositifs de protection, mais doit s’étendre à la mémoire des lieux, des tracés, des matériaux, des points de vue, des ensembles et des paysages.

Cela pose immédiatement la question du récit urbain qui doit se développer au-delà du temps d’élaboration du PLU et au-delà des seuls acteurs patrimoniaux.

Le propre du patrimoine, c’est l’intention de transmettre. C’est cette intention qui anime notre municipalité :

  • Renouveler l’usage du patrimoine et le faire partager plus largement à travers des gestes forts : en témoignent la mise en valeur de savoir-faire anciens lors de la réhabilitation du Couvent des Jacobins, la création d’un parcours autour des Portes Mordelaises, la prise en compte des vestiges de l’enceinte du XVe siècle dans l’aménagement de la nouvelle place Saint-Germain, ou encore le projet participatif de réhabilitation du lavoir de Chézy.
  • Franchir une nouvelle étape dans notre politique de commande publique : nous avons créé un fonds de dotation pour l’acquisition d’œuvres contemporaines, considérant que la création d’aujourd’hui sera le patrimoine de demain.
  • Porter une vigilance, une exigence, une matrice à nos contemporains, pour pouvoir transmettre, ensuite, à ceux qui nous suivront, à travers ce Conseil local du patrimoine.