Voeux aux acteurs de la culture, de l’éducation et du monde associatif

Merci aux acteurs de la culture, de l’éducation et du monde associatif qui sont venus nombreux aux voeux que je leur présentais à l’Hôtel de Ville aux côtés de nombreux élus. En 2017, nous resterons fidèles à nos valeurs d’accueil et d’ouverture.

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Discours prononcé :

Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues,
Mesdames et Messieurs les représentants du monde éducatif,
Mesdames et messieurs les présidents, les directeurs et les directrices des associations et institutions,
Mesdames et Messieurs les bénévoles,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
J’ai envie de débuter cette cérémonie avec une petite confidence. Peu de cérémonies me rendent aussi heureuse, aussi fière que celle qui m’amène, ce soir, devant vous,

vous qui faites vivre au quotidien les principes de notre ville ;

vous qui donnez aux associations, aux artistes, aux jeunes, aux enfants et à nos institutions, votre temps, votre engagement, et bien souvent votre passion. Ce faisant, vous portez, une certaine idée, civique et fraternelle, de la vie en société.

C’est, aussi, au nom de cette belle idée qu’à titre personnel je me suis engagée pour notre ville. C’était il y a quelques années maintenant. Edmond Hervé, pour ma première délégation d’élue, m’avait confiée la difficile responsabilité, cher Tristan, de la vie associative.

Pendant six ans, j’ai appris énormément à vos côtés. D’assemblées générales en réunions bilatérales, j’ai accompagné votre enthousiasme, j’ai partagé vos difficultés, j’ai participé aussi, peut-être, d’une certaine manière, à vos réussites.

Aujourd’hui, même si mes fonctions sont différentes, même si les contacts sont moins fréquents que je ne le souhaiterais, je continue résolument à porter vos valeurs, à soutenir vos projets, parce qu’ils sont, pour moi, le terreau de l’esprit rennais.

L’esprit rennais, c’est croire que le débat permet de vivre en intelligence.
L’esprit rennais, c’est penser que l’éducation est la meilleure voie pour s’élever.
L’esprit rennais, c’est voir dans la culture le plus beau moyen de faire société.

C’est cet esprit que nous voulons, avec mes collègues, entretenir, que je veux renforcer en 2017, une année où nous connaîtrons des avancées considérables.

La mise en service de la Ligne à Grande Vitesse, qui nous mettra à 1h25 de Paris et l’ouverture du Centre des Congrès, nous feront changer d’échelle. Nous serons mieux armés, ensemble, c’est notre conviction commune avec Emmanuel, pour jouer notre rôle moteur de capitale régionale.

Tout au long de cette année, nous poserons également les premières pierres de chantiers attendus par les Rennais : le bassin extérieur de la piscine de Bréquigny, la maison de quartier du centre-ville, attendue, l’aménagement de la promenade des Portes Mordelaises, le parc naturel des Prairies Saint-Martin pour lesquelles les premiers travaux sont engagés.

Nous installerons dans l’espace public, je l’ai annoncé il y a quelques jours, une œuvre permanente des frères Bouroullec qui créera la surprise et, je veux le croire, changera le regard que nous portons aujourd’hui sur Rennes.

Après des années de maturation nécessaire à l’importance de ces projets, une nouvelle décennie s’ouvre pour Rennes. Un nouveau cycle s’enclenche. Mais je veux partager avec vous ma conviction : ce regain d’attractivité n’a de sens que dans la solidarité. Notre ville n’avancera réellement que si nous ne laissons aucun Rennais au bord du chemin.

Parce qu’il reste encore, dans notre ville, des exclusions qui nous divisent, des inégalités qui nous révoltent, des discriminations qui stigmatisent, chère Geneviève Letourneux.

Je veux donc, dans cette nouvelle année, faire avancer, de façon concrète, de façon tangible, le progrès social car notre projet fondamental, la boussole permanente de notre action, sera toujours la construction d’une ville juste et bienveillante.

Je m’engage devant vous, en 2017, à apporter des réponses nouvelles, à obtenir de nouveaux résultats, au nom précisément de ces deux valeurs de justice et de bienveillance, parce qu’en politique, si les mots sont essentiels, ce sont d’abord et avant tout les actes qui comptent.

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Des actes, nous en avons posé un certain nombre pour ce combat fondamental qu’est l’éducation.

Notre ville a toujours été à la pointe des innovations éducatives.
Mais aujourd’hui, nous sommes appelés à faire plus pour que l’école garantisse une égalité réelle des chances ; à faire davantage aussi pour qu’elle soit le creuset d’une citoyenneté mieux respectée, plus respectueuse. La reconduction de ce qui pourtant a fait ses preuves ne suffit plus.

Dans cet esprit nous avons décidé, avec Lénaïc Briéro, de donner la priorité à l’école maternelle, parce que les destins scolaires s’écrivent dès le plus jeune âge.

Notre effort financier est sans précédent. Nous le portons également vers la petite enfance, avec Katja Krüger, avec la rénovation de la crèche Tannou cette année.

Cet effort, nous l’assumons et nous continuerons à l’assumer, même si la solidarité, nous le voyons, nous le lisons, n’est plus autant acceptée aujourd’hui qu’elle ne l’était hier. Vous avez en tête comme moi ces discours anti-pauvres, qui dénoncent « l’égalitarisme » et qui accusent la fraude sociale tout en excusant parfois la fraude fiscale.

Nous ne devons pas y répondre par moins de solidarité. Ce serait renoncer, ce serait se renier. Nous sommes appelés, au contraire, à renouveler ces solidarités pour qu’elles soient davantage acceptées et légitimes.

C’est ce qu’a fait la métropole, dès le 1er janvier, en refondant les tarifs des transports pour qu’ils bénéficient davantage aux travailleurs pauvres et aux familles monoparentales.

C’est que nous faisons également quand nous nous attaquons, pour davantage d’efficacité, à la racine des inégalités, à ses causes avant ses conséquences. C’est particulièrement vrai dans le domaine de la santé. Jean-François Besnard, notre élu à la prévention, ne me contredira pas. En 2017, je veux que nous fassions progresser, avec l’Éducation nationale, la médecine scolaire.

Renouveler les solidarités, c’est aussi donner de nouveaux droits, ouvrir de nouveaux accès, permettre davantage d’autonomie pour chacun.

Dans les transports. C’est la nouvelle ligne de métro. Sachez qu’en 2020, les deux tiers des Rennais habiteront à moins de 10 minutes à pied d’une station de métro.

Dans l’emploi. Ce sont les clauses pour l’insertion sociale dans les marchés publics, un dossier que porte Marie-Laurence Eglizeaud. Depuis un an, ces clauses bénéficient davantage aux habitants des quartiers prioritaires.

Pour le logement, c’est le loyer unique. Nous en faisons un chantier majeur de 2017.
Aujourd’hui les familles très modestes sont parfois assignées aux quartiers prioritaires. Même dans le parc social, elles n’ont souvent pas les ressources suffisantes pour accéder au centre-ville ou à une autre commune de Rennes Métropole.

Demain, elles auront le choix parce qu’il y aura une nouvelle règle qui s’appliquera à tous nos bailleurs sociaux. Une règle simple. A même type de logement, même niveau de loyer. Un T1 ici vaut un T1 là-bas.

Ce sera une petite révolution de l’égalité devant le logement social. Elle s’expérimentera, cher Honoré Puil, chère Muriel Condolf, à Rennes. Nous pouvons en être fiers, je crois.

La solidarité demande à ce que nous sortions des sentiers battus et des solutions toutes faites. Nous avons besoin d’idées neuves. Parce qu’il y a de nouveaux enjeux, comme celui du vieillissement chère Véra Briand. Parce qu’il y a toujours de nouvelles fractures, de nouvelles ruptures.

Nous avons lancé en fin d’année dernière – Frédéric Bourcier et Pauline Salaün m’accompagnaient – une plateforme d’innovation sociale. Il s’agit pour nous de fédérer tous ceux qui souhaitent s’engager pour créer de nouvelles solidarités.

Des projets commencent à émerger, comme le coffre-fort numérique qui facilitera les démarches des personnes en fragilité.

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Justice et bienveillance, je le disais tout à l’heure.

La bienveillance est une réponse profondément politique à une société divisée par les tensions identitaires et traversée par la peur du déclassement. C’est faire le pari de la confiance, là où le populisme ne croit, lui, qu’à la défiance envers le « système », les élites, les migrants parfois.

Il y a deux ans, j’accueillais dans cette salle des Syriens qui avaient fui la guerre et les persécutions et à qui la France venait d’accorder l’asile. Ils n’avaient plus rien, si ce n’est l’espoir de reconstruire leur vie à Rennes.

Et c’est un souvenir que je garderai : je vois encore ces enfants, sur cette estrade, brandir notre drapeau. La République n’était pas qu’une invocation à ce moment là. Elle battait dans le cœur de ces familles.

Ces personnes ont, ensuite, été accompagnées formidablement par les équipes de Coallia, par les services de la Préfecture et de la Ville.

En septembre dernier, alors que je déjeunais dans une brasserie non loin d’ici et bien connue des Rennais, un employé s’est approché de moi pour me dire, dans un français parfait : « Madame la Maire, vous m’avez accueilli à l’Hôtel de Ville, en novembre 2014. Je ne pouvais pas répondre à ce moment là car je ne parlais pas français. Depuis j’ai trouvé un travail, j’ai refait ma vie ici. »

Je n’ai pas l’habitude d’évoquer des parcours personnels mais Wissam Shami, qui est avec nous ce soir et qui a accepté de témoigner, incarne le visage de l’asile, contre l’exploitation politique, indigne qui en est faite parfois. Son exemple nous montre que l’accueil n’est pas qu’un impératif légal ou même une obligation morale, c’est une chance formidable pour notre pays, pour notre ville.

Peu de villes comme la nôtre consacrent autant d’énergie à l’accueil des migrants, du dispositif Coorus, cher Frédéric, aux nuitées hôtelières, des aides du quotidien du CCAS au soutien apporté aux nombreuses associations de solidarité.

Avec elles, nous allons encore franchir un cap dans quelques jours, en créant une plateforme pour coordonner l’offre en matière d’apprentissage du français.

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La bienveillance à Rennes s’incarne aussi dans nos associations, que nous devons mieux accompagner. La vie de bénévoles ou de salariés est déjà assez compliquée pour que la Ville ne soit pas, pour vous, dans les démarches administratives nécessaires, une charge supplémentaire.

Cette année, nous ouvrirons – Tristan Lahais suit attentivement ce dossier – un portail en ligne de la vie associative, qui sera le guichet unique vers tous les services de la ville. Nous voulons que cette ouverture s’accompagne d’une simplification de vos démarches.

C’est dans cet esprit aussi que nous avons réorganisé la direction des sports. Nous avons voulu, avec Yvon Léziart, qu’elle puisse se rapprocher au maximum des usagers et de chaque quartier. Pour cela aussi, nous lancerons, ce sera à la fin du mois, le Conseil du Sport Rennais, une nouvelle instance pour mieux dialoguer et faire émerger des propositions.

C’est le fil rouge que nous suivons depuis le début de notre mandat : faire confiance aux citoyens, s’appuyer sur leur expertise, solliciter aussi leur envie de s’engager pour leur ville. Cette petite révolution, nous l’avons initiée à Rennes avec le budget participatif. Jean-Marie Goater et Didier Le Bougeant sont sollicités pour en témoigner partout en France, et depuis quelques temps à l’étranger.

Qui pouvait croire quand nous l’avons lancé, que près de 7 000 Rennais participeraient au premier vote et que, pour cette deuxième édition, 630 projets seraient déposés ?

Dès cette année, vous le verrez de la place Hoche au lavoir de Chézy, des nouvelles bibliothèques de rue aux pistes cyclables, que les Rennais sont en train de changer eux-mêmes leur ville. Nous faisons bouger les lignes et nous avons besoin de vous pour bousculer davantage. Votez – à tous les scrutins qui se présentent – mais votez aussi à partir du 28 janvier, et faites voter autour de vous !

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Voilà, Mesdames et Messieurs, la feuille de route que je voulais partager avec vous.
Mais on ne peut pas parler d’une ville juste et bienveillante, d’une ville de solidarité et d’hospitalité, sans donner une place, et même une place de choix, à la culture.

Ces derniers mois, nous avons rouvert plusieurs lieux : la salle Guy Ropartz à Maurepas, les Ateliers du Vent à Cleunay, l’Hôtel Pasteur en centre ville, où nous inventons, chère Sylvie Robert, de nouveaux croisements, où nous répondons à de nouveaux usages.
Chaque lieu s’inscrit dans une histoire singulière, militante, généreuse.

Cette année, avec Benoit Careil, la culture germera dans de nouveaux champs.
C’est notamment le lancement des travaux du nouvel Antipode sur le quartier Cleunay-Courrouze.

C’est aussi le nouveau cinéma à EuroRennes et le rapprochement, que nous espérons, que nous souhaitons, entre les opéras de Rennes et de Nantes-Angers pour une ambition lyrique dans notre région.

Nous rendrons aux acteurs culturels la salle de la Cité, après l’avoir rénové, car la culture loin des anathèmes, nous permet de faire société, de nous rassembler, à l’image de ces Dimanches à Rennes qui continueront à incarner notre fabrique culturelle rennaise.

C’est aussi le sens du projet du nouveau directeur du TNB, Arthur Nauzyciel, qui est parmi nous ce soir. Bienvenue à Rennes, cher Arthur : vous trouverez chez nous, soyez en convaincu, tous les appuis pour porter les valeurs de partage, d’ouverture sur le monde, de transmission, qui vous sont chères.

Vous me permettrez aussi d’avoir une pensée pour François Le Pillouër et de saluer encore une fois son travail à la tête de cette institution si chère aux Rennais.

La culture est au cœur de notre projet politique. Je peux dire aujourd’hui « engagements tenus », « paroles respectées ». Ce que nous avions promis, nous le faisons.

Tout au long de cette année, et dans les débats intenses qui traverseront notre pays, je souhaite faire entendre la voix singulière de notre ville.

La bienveillance contre la peur de l’autre.
La justice contre la culpabilisation des plus modestes.
L’ouverture sur le monde, contre les égoïsmes et la tentation du repli – Je salue Gilles Lamiré que je vois, et qui fait régulièrement rêver les autres, en incarnant cette ouverture sur le monde.

Je veux, chère Jocelyne Bougeard, avoir une pensée pour ma collègue la maire de Diyarbakir qui est emprisonnée, depuis le mois d’octobre, dans des conditions que nous savons difficiles. Je continuerai à suivre, avec la plus grande vigilance, les procédures judiciaires.

Mesdames et Messieurs,

L’esprit rennais est à l’opposé des mensonges du populisme et des surenchères.
Le progrès, ce n’est pas fragiliser les services publics et rompre les protections.

C’est au contraire lutter pour l’égalité contre les déterminismes et les assignations.
C’est porter la liberté de nos artistes contre toute forme de censure.
C’est croire dans la fraternité et la formidable envie d’avancer, de s’engager de notre jeunesse, cher Glenn Jégou.

C’est cet espoir qui fait battre le cœur de notre ville.
Vous l’incarnez, les uns et les autres, et je veux le porter avec vous.

Alors, mes chers amis, très bonne année 2017 !
Bloavezh mat !

Je forme des vœux sincères de réussite, pour vos projets, des vœux de succès aussi, pour vos institutions, vos associations.

À tous, je souhaite une année combative, offensive, une année collaborative et fraternelle parce que c’est ensemble que nous la commençons et c’est ensemble que nous la réussirons.

Je vous remercie.