Vœux aux institutionnels et aux acteurs économiques

J’ai présenté mes vœux aux institutions et acteurs économiques du territoire de la métropole rennaise, aux côtés d’Emmanuel Couet, vendredi 13 janvier. Des vœux de détermination et d’énergie pour 2017, une année capitale pour notre ville.


Le discours de voeux :

Monsieur le Préfet de Région,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le 1er Vice-Président de la Région Bretagne, cher Loïg Chesnais-Girard,
Monsieur le président du Conseil départemental, cher Jean-Luc Chenut,
Monsieur le président de Rennes Métropole, cher Emmanuel Couet,
Mesdames et messieurs les maires,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et messieurs les consuls,
Mesdames et messieurs les représentants des Autorités judiciaires et des Chambres consulaires,
Mesdames et messieurs les Présidents d’Université, Directeurs des Grandes écoles et Directeurs des grands établissements de recherche,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs,
Et, si vous me le permettez, chers amis,

C’est avec beaucoup de plaisir que nous vous accueillons, ce soir, pour une cérémonie dédiée aux forces vives de Rennes ; dédiée à vous tous qui avez en commun le sens de l’engagement et la force des responsabilités.

Je veux, bien sûr, vous présenter, en mon nom et au nom de l’ensemble de notre conseil municipal, des vœux chaleureux de santé, de réussite et de bonheur personnel et professionnel.

Vous me permettrez aussi de vous adresser des vœux de détermination et d’énergie, de volontarisme et d’enthousiasme, en somme des vœux de combat, car nous nous apprêtons à vivre, ensemble, une année capitale ; une année où Rennes tiendra, et sans doute plus encore qu’aujourd’hui, son rang de capitale.

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Chers amis, cette année, nous devenons une ville à Très Grande Vitesse.

Je veux saluer toutes les équipes qui se sont mobilisées pour que ce chantier hors norme puisse aboutir. Et il faut vraiment, je crois, mesurer la petite révolution que la LGV représente pour notre territoire.

Nous qui avons longtemps été freinés par un déficit d’accessibilité, nous qui sommes en quelque sorte géographiquement au bout de l’Europe, nous serons davantage connectés aux flux économiques, davantage aussi reliés aux centres de décisions.

Et EuroRennes sera l’épicentre de cette nouvelle accessibilité.

Dès cette année d’ailleurs, les premiers programmes immobiliers seront livrés, de nouveaux projets seront lancés pour que ce quartier ne soit plus un lieu de passage mais un lieu vivant, entraînant. Car la Grande Vitesse va se diffuser dans toute notre ville.

Jamais nous n’allons poser autant de premières pierres et initier autant de chantiers que durant cette année. Et nous sommes, je crois, une des rares villes en France, à connaître une telle conjonction de projets.

Nous commencerons les travaux d’aménagement des Prairies Saint-Martin, pour en faire un grand parc naturel, un poumon vert au cœur de Rennes.

Nous débuterons l’aménagement, à quelques pas d’ici, des Portes Mordelaises. Cette nouvelle promenade, dans le centre-ancien révèlera des remparts qui sont occultés depuis des siècles. Une mise en valeur de notre patrimoine se fera en écho à l’ouverture du Couvent des Jacobins dans quelques mois.

Nous construirons aussi, chantier attendu des Rennais, un bassin extérieur à la piscine de Bréquigny et une maison de quartier au centre-ville. En matière culturelle, nous commencerons la construction du nouvel Antipode à Cleunay-Courrouze et du nouveau cinéma arts et essais à EuroRennes.

Enfin, et j’en ai fait l’annonce la semaine dernière, les frères Bouroullec, ces designers bretons mondialement connus, nous feront l’honneur de leur première œuvre permanente dans l’espace public. Ce geste architectural, et artistique changera, j’en suis convaincue, le regard porté sur notre ville. Il nous inscrira à l’avant-garde.

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Mesdames et Messieurs, nous voulons ouvrir un nouveau cycle pour Rennes, insuffler de l’audace, réinventer la physionomie de notre ville.

Nous sommes, dans beaucoup de domaines, de bons élèves et j’aurai l’occasion d’y revenir, mais nous sommes trop souvent, sages et timorés. Alors nous devons prendre des risques, car l’étonnement, l’inattendu, font aujourd’hui le caractère des grandes métropoles.

Cette intuition forte, nous l’avions au moment de lancer la révision de notre plan local d’urbanisme. Les Rennais nous l’ont confirmé, tout au long de la concertation que nous avons organisée pour Rennes 2030.

Ils nous ont dit leur envie d’une ville durable qui redonne une place de choix à la nature, à l’eau. D’une ville qui ose des architectures plus spectaculaires. D’une ville, aussi, qui conforte son centre-ville et qui valorise mieux son patrimoine. D’une ville, enfin, plus sûre, plus propre, qui protège la qualité de vie.

Ce projet de ville, sans attendre, nous avons commencé à le décliner, à le réaliser.

Je voudrais, ce soir, sortir du discours des vœux un peu classique, pour vous projeter dans ce que sera ce Rennes de 2030, en suivant le cours de la Vilaine.

Commençons à l’est, à Baud-Chardonnet. Plus de 5 000 Rennais habiteront dans ce nouveau quartier animé par la vie de ses commerces, de ses activités, de ses entreprises. Des prairies sur plus de 4 hectares – cela représente la moitié du Thabor – formeront des plages. Il sera possible de s’y ressourcer à seulement quelques minutes du centre-ville.

Pour l’atteindre, il suffira de prendre un nouveau transport en commun électrique, en site propre, qui reliera l’est à l’ouest, Cesson-Sévigné au mail François-Mitterrand. Les réflexions pour ce nouvel axe majeur de notre réseau métropolitain avancent dans le cadre du plan de déplacement urbain. Et je sais qu’Emmanuel Couet en dira un mot tout à l’heure.

Nous arrivons au centre-ville, la place de la République aura été totalement rénovée, apaisée, libérée en partie de la circulation. En son cœur, le Palais du Commerce, réaménagé dans le respect de son histoire, et qui accueillera notamment de grandes enseignes.

Au terme de cette croisière urbaine, à l’extrémité du mail François-Mitterrand, nous arrivons sur l’îlot de l’Octroi. Là, aux portes du centre-ville, des immeubles en gradins végétalisés, signés par des architectes internationaux de renom, s’élèveront au-dessus d’une place au bord de l’eau.

Alors je pourrais continuer en suivant, pourquoi pas, l’Ille et la trame verte pour atteindre la ZAC Plaisance, ou je pourrais vous inviter à longer la ligne b du métro, où autour de chacune des 15 stations, la ville est en train de se transformer.

Après des années de maturation, une « nouvelle décennie » s’ouvre pour Rennes, si tu me permets, Emmanuel, de reprendre cette formule qui t’es chère. Un nouveau cycle s’enclenche. Une nouvelle confiance s’installe.

J’en veux pour preuve – et je ne prendrai qu’un seul exemple – le fait que l’année dernière, nous avons autorisé 4 000 logements à Rennes. Ce chiffre, qui n’avait pas été atteint depuis 15 ans, est emblématique d’un programme local de l’habitat qui crée des emplois dans la construction et qui soutient la mixité sociale partout dans la Métropole.

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Car l’ambition collective qui nous anime pour Rennes n’a de sens que si elle rejaillit sur chaque Rennais ; que si elle permet à chaque habitant, quel que soit son quartier, quel que soit son parcours, de vivre mieux et de choisir librement sa vie.

Agir ainsi, c’est refuser, dans notre ville, les exclusions qui divisent, les inégalités qui fragilisent, les discriminations qui stigmatisent. C’est être fidèle à la longue tradition humaniste qui a toujours su rassembler largement notre territoire.

Dans quelques semaines, nous serons, je l’espère, la première ville de France à nous engager dans l’acte II de la rénovation urbaine. Nous traiterons ainsi les causes des inégalités. C’est aussi ce que nous ferons avec le loyer unique.

Aujourd’hui vous le savez, les familles les plus modestes sont assignées aux quartiers prioritaires car même dans le parc locatif social, elles n’ont souvent pas les ressources suffisantes pour pouvoir habiter, si elles le souhaitent, dans d’autres quartiers rennais, dans d’autres communes de notre métropole.

Avec Emmanuel Couet et les bailleurs sociaux, nous travaillons pour qu’une nouvelle règle donne à chacun l’opportunité de choisir son lieu de résidence. Dans un an, dans le parc social, pour chaque nouveau locataire, le même niveau de loyer s’appliquera, sur n’importe quel point du territoire métropolitain, pour le même type de logement.

Nous serons les premiers en France à expérimenter ce dispositif d’égalité, de liberté. Ce sera une nouvelle étape pour le modèle rennais de l’habitat social, qui a toujours su défricher, anticiper les enjeux, pour faire référence au niveau national.

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Mesdames et Messieurs, je n’oppose jamais la solidarité à l’attractivité, tout simplement parce qu’on ne peut pas dissocier l’ambition collective de la cohésion sociale qui nous tient ensemble. On ne peut pas séparer le développement de Rennes de l’entraînement de tous les Rennais.

Et j’assume la même détermination pour ces deux priorités.
Elles se rejoignent pour un enjeu stratégique, fondamental même, que je veux maintenant évoquer pour la première fois devant vous, celui de notre centre hospitalier universitaire.

Notre CHU est le premier employeur de Bretagne. Il soigne, tous les ans, près d’un demi-million de patients. Il forme les professionnels de santé. Il fait avancer les progrès de la médecine. Mais malgré le dévouement de ses personnels soignants, techniques, administratifs, il rencontre aujourd’hui un certain nombre de limites à son développement. Pour une raison essentielle.

Ses bâtiments sont inadaptés et éclatés entre cinq sites différents, entraînant des difficultés quotidiennes, des coûts élevés de fonctionnement, pour ne pas dire un bilan carbone exorbitant. Je ne voudrais citer qu’un seul chiffre, car il est assez parlant : chaque année, nos équipes font 340 000 km entre les différents sites.

Dès mon élection à la présidence du Conseil de Surveillance, j’ai mis le dossier immobilier au premier rang. J’ai demandé à Madame Anatole-Touzet, la directrice du CHU, que je veux saluer, de mobiliser ses équipes pour aboutir à un schéma directeur. Et, je dois le dire, un travail remarquable a été mené ces derniers mois. Je veux vous en remercier ce soir.

Je vous annonce ce soir que ce projet est prêt. Il a été présenté à nos instances hospitalières. J’ai bon espoir qu’il entre officiellement à l’instruction du comité interministériel dédié aux investissements hospitaliers. S’il passe chacune des étapes de validation, ce dont j’ai bon espoir, un nouveau CHU pourrait ouvrir dans huit ans, avec des premiers bâtiments livrés dès 2023.

Dans ce projet, nous faisons le choix de la reconstruction et du regroupement sur l’emprise de Pontchaillou. C’est le scénario à la fois le moins coûteux et mais surtout le plus cohérent, avec un budget estimé à 537 millions d’euros par le CHU.

Il permet de conforter un site exceptionnel, en cœur de ville mais aussi au centre d’un véritable quartier de la santé, à quelques pas de l’Université et de ses laboratoires de recherche, dont nous connaissons l’excellence.

Nous voulons que ce CHU soit un hôpital à la pointe de la recherche, à l’avant-garde des techniques médicales.

Nous voulons le conforter aussi dans son rôle de référence régionale, au service de tous les acteurs de santé bretons.

Nous voulons, enfin, qu’il soit un symbole.
Le symbole d’un service public hospitalier moderne, performant, qui garantit à tous un égal accès aux soins. Le symbole aussi de la capacité de notre territoire à se projeter, à rayonner, à aller de l’avant.

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Mesdames et Messieurs,

Vous le voyez, nous franchissons des étapes considérables. Et nous pouvons être heureux de ce que nous sommes en train d’accomplir. Nous dessinons, ensemble, une ville de promesses et d’enthousiasme, une ville de projets et de réussites.

Ces résultats, et je veux le dire en toute modestie, nous les obtenons grâce à vous les entrepreneurs, les artistes, les chercheurs, qui prenez le risque de l’innovation et de la création.

Grâce à vous, les salariés, et vos représentants, qui incarnez la richesse des savoir-faire et le sens du travail, du dialogue de notre territoire.

Grâce à vous, les représentants de l’État, Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les directeurs et directrices, et à tous les fonctionnaires territoriaux, hospitaliers, qui êtes les chevilles ouvrières de notre cohésion, de nos protections.

Grâce à vous, enfin, mes collègues maires, et vous tous les élus, que les tenants d’un certain discours populiste pointent du doigt.
Permettez-moi de vous dire mon respect, comme je veux adresser ma reconnaissance aux responsables associatifs qui se mobilisent et à tous les bénévoles qui ne comptent pas leurs heures pour les autres.

Merci à tous.
Ici, peut-être plus qu’ailleurs, nous connaissons la valeur du collectif et de la concorde.

Nous voulons croire en une ville efficace et juste, où il est possible d’entreprendre et de réussir.
En une ville fraternelle et bienveillante qui fait confiance et qui donne sa chance.
En une ville fière, enfin, qui redresse la tête et trouve une nouvelle jeunesse.

Ces convictions communes exigent de la hauteur, de l’engagement.
Pour ma part je ne me cache pas quand il s’agit de porter des combats, fussent-ils parfois difficiles. Je n’ai pas de difficulté à assumer, à être en première ligne, et à batailler pour arracher des arbitrages compliqués.

Ce que nous avons dit, ce que nous avons promis, nous le faisons, nous le ferons.
Je veux dire aux Rennais, qui à travers vous, nous regardent et nous jugent, que nos engagements sont tenus, que notre parole est respectée, que nos résultats sont là.

2017 sera une année utile, d’actions, de réalisations tangibles, visibles.
2017 sera aussi une année de préparation de ce nouveau milliard d’euros d’investissement que représenteraient les opérations de rénovation urbaine et le nouveau CHU. Rennes passe, je le redis, à la Très Grande Vitesse.

C’est ce que je souhaite, aussi, pour notre pays, dans cette année déterminante de débats et d’élections.

Que nous sachions aller de l’avant et réformer, mais sans blesser, ni fragiliser ceux qui le sont déjà. Que nous sachions, au contraire, protéger et nous rassembler pour cette belle idée de progrès que doit toujours représenter notre pays.

Très bonne année, à chacune et à chacun.

Je vous remercie.