Réaction à l’annonce de la baisse de l’APL

Le gouvernement a annoncé qu’à compter du 1er octobre 2017, une baisse des aides au logement de 5 euros par mois et par ménage serait appliquée. Ces aides bénéficient aujourd’hui à 6,5 millions de ménages français et représentent 21% des revenus des 10% des ménages les plus pauvres.

Cette mesure d’économie est socialement très injuste, car elle impacte durement les plus modestes. Elle est aussi très inquiétante car elle peut remettre en cause le droit au logement pour les plus pauvres.

Présidente d’Archipel Habitat, Office Public HLM de Rennes Métropole, je suis en première ligne pour constater en effet une augmentation constante sur notre territoire de la demande de logements HLM en même temps qu’une précarisation croissante des ménages demandeurs.

Pour notre office (dont plus de la moitié des locataires bénéficient de l’APL), 42% des attributions de logement concernent des familles qui ont moins de 20% des plafonds de ressources HLM (moins de 372 euros pour une personne seule soit nettement en deçà du seuil de pauvreté), un taux qui peut atteindre près de 70% sur certains quartiers où les loyers sont les plus bas.

Pour ces familles, 5 euros supplémentaires par mois de reste à charge pour le loyer est un effort considérable qui pourrait mettre à mal leur accès ou leur maintien dans le logement. Ce recul du droit au logement s’observerait directement y compris dans une métropole comme la nôtre qui consent pourtant des efforts importants en faveur de la construction de logements à loyers accessibles et qui n’enregistre pas de recours DALO.

Alors que 11 millions de français terminent le mois avec moins de 10 euros, le gouvernement doit renoncer d’urgence à cette baisse aveugle.