Contre les violences faites aux femmes, nous sommes tou·te·s concerné·es

Les femmes et les enfants qui vivent dans des foyers violents sont confrontés à un « confinement sans fin »[1]. Ces violences enferment les femmes souvent physiquement, sinon mentalement, et fragilisent notre société tout entière.

L’année 2020 n’est pas encore terminée, mais les premiers chiffres du confinement révèlent une nette augmentation des appels au 3919[2]. En 2019, 146 femmes sont mortes sous les coups d’un conjoint ou d’un ex-conjoint, un chiffre en augmentation par rapport à l’année précédente.

Ces femmes sont nos mères, nos sœurs, nos filles, nos amies, nos collègues de travail. Les violences qu’elles subissent sont des violations des droits humains. Elles fragilisent leurs proches et en premier lieu, leurs enfants qui peuvent être victimes de violences intrafamiliales. Nous devons être attentifs, entendre et légitimer leur parole pour que le poids de la honte ne repose plus sur les victimes.

À Rennes, nous sommes entièrement mobilisés, en lien avec les structures d’accueil d’urgence. Le centre d’hébergement de l’Asfad, où j’ai pu me rendre la semaine dernière, accomplit un travail admirable pour accueillir, sécuriser et accompagner ces femmes et leurs enfants. D’autres ont pu être mises à l’abri depuis le début de la crise grâce à notre dispositif de relogement social prioritaire et à l’hôtel, en coordination avec le SIAO 35.

Dans l’espace public aussi, nous œuvrons pour que nos rues soient aussi sécurisantes que possible. Le Conseil de la Nuit travaille conjointement avec le Réseau rennais de lutte contre les violences faites aux femmes et le Comité consultatif égalité femmes-hommes. Leur rapport a mis en évidence une demande forte de formation et de prévention des professionnels de la vie nocturne pour repérer et agir contre les violences sexistes et sexuelles. Ce dispositif s’accompagnera bientôt de la présence d’une nouvelle brigade anti-incivilités qui pénalisera le harcèlement dans nos rues.

Les violences faites aux femmes sont multiformes. Elles sont présentes dans tous les cadres de nos existences – au travail, à la maison, dans la rue, dans les transports – et dégradent la santé, l’estime de soi, la confiance, la réussite scolaire, les parcours professionnels. Les femmes les plus précaires sont aussi les plus touchées. En cette période de crise économique et sociale, nous y sommes particulièrement attentifs.

Pour mettre fin à ces violences, l’ensemble de nos actions doivent faire système, qu’il s’agisse de promouvoir l’éducation de l’égalité et du respect dès la petite enfance ou d’évaluer nos politiques publiques en matière d’égalité. Pour que ces petites filles devenues grandes puissent prendre toute leur place, qu’elles sachent qu’elles n’ont pas moins de valeur qu’un autre et que leur corps leur appartient.

[1] Annick Billon, Présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes au Sénat
[2] Numéro national d’écoute et d’orientation à destination des femmes victimes de violences