Mobilités : l’heure est à l’action, changeons !

L’urgence environnementale n’est plus à démontrer. Alors que la mobilité est responsable de 40 % des émissions de CO2 sur notre territoire, les Français savent la nécessité d’adopter au plus vite des alternatives à la voiture individuelle pour décarboner nos villes.

En matière de protection de l’environnement, 82 % de nos concitoyens souhaitent des « mesures rapides et énergiques », quitte à « modifier en profondeur leur mode de vie », selon une enquête d’Ipsos Sopra-Steria publiée début septembre.

Dire que l’on diminuera les embouteillages dans nos villes en accordant plus de place à la voiture est non seulement démagogique, mais profondément à rebours des défis que pose le réchauffement climatique. N’oublions pas, par exemple, qu’il suffirait que chacune et chacun co-voiture une journée par semaine pour que la question des embouteillages soit réglée dans l’agglomération rennaise.

Il n’est pas trop tard pour changer nos habitudes ! Dans la métropole rennaise, la voiture est encore utilisée dans 40 % des déplacements de moins de 3 km.

Parce que la liberté de se déplacer est une question de justice sociale, la Ville de Rennes et Rennes Métropole développent toujours plus d’alternatives à la voiture individuelle. En 2002, Rennes a été la plus petite ville au monde à disposer d’un métro. Vingt ans plus tard, grâce à la deuxième ligne, les trois quarts des Rennais habiteront à moins de 10 minutes à pied d’une station de métro. Les 100 000 voyages attendus chaque jour sur cette nouvelle ligne permettront d’éviter plus de 50 000 déplacements automobiles quotidiens.

Des parkings relais, des lignes de bus renforcées de manière spectaculaire, dans toute la métropole, grâce au redéploiement permis par le métro et, demain, des lignes de trambus au-delà de la rocade permettront à tous les habitants du territoire de bénéficier de cette seconde ligne. Tandis que le doublement des trajets effectués à vélo depuis 2018 nous encourage à poursuivre nos efforts pour développer ce mode de déplacement à l’échelle de la métropole. D’ici 2024, plus de 100 kilomètres de pistes cyclables sécurisées permettront ainsi de relier Rennes à quinze communes. Le développement du covoiturage et la baisse des tarifs des transports en commun sont autant d’incitations à limiter le recours à la voiture individuelle, à chaque fois que c’est possible. La crise sanitaire a par ailleurs montré que le télétravail peut se déployer davantage, et contribuer à limiter les raisons de se déplacer aux heures de pointe, là où la congestion est la plus forte. Les entreprises et les administrations ont de ce point de vue un rôle fondamental à jouer. Le succès de l’expérimentation menée avec l’université pour décaler les horaires de début des cours, le matin, à l’heure de pointe, afin de fluidifier les déplacements, a montré qu’il y avait certainement beaucoup à faire de ce côté-là aussi.

L’attente de la population à voir le centre historique de Rennes devenir un lieu de destination plus qu’un lieu de transit est forte. Nous poursuivons donc sa transformation en réaffectant aux piétons, aux cyclistes et à la nature, les espaces libérés par la circulation et le stationnement en surface.

Le sens de l’Histoire nous intime de poursuivre la métamorphose que Rennes a entamée dans les années 1980, en piétonnisant d’abord quelques rues. Aujourd’hui, qui reviendrait sur l’aménagement du mail François Mitterrand, devenu un emblème de l’art de vivre à la rennaise, malgré les 1 800 signatures de la pétition qui s’élevait, à l’origine, contre le projet ?

Les études montrent par ailleurs que le montant moyen des achats des cyclistes et des piétons dans les boutiques en centre-ville est plus important que celui des automobilistes. Riverains, travailleurs et commerçants, nous avons tous à gagner quand l’espace public est plus apaisé, quand les rues sont moins bruyantes et les terrasses plus larges.

Les 3 500 morts sur les routes à l’échelle nationale et les 48 000 décès dus à la pollution atmosphérique chaque année, dont 2000 en Bretagne, sont autant d’arguments qui doivent achever de nous convaincre, collectivement, de limiter la circulation automobile. Les bus 100 % propres que Rennes Métropole mettra progressivement en service d’ici 2030 ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres des solutions qui nous permettent, dès aujourd’hui et plus encore demain, de laisser notre voiture au garage.

Pour l’environnement, le cadre de vie, le commerce, la sécurité et la santé, et plus largement pour notre avenir et celui de nos enfants, l’heure est à l’action. Changeons !

Nathalie Appéré